Une étude mondiale majeure révèle des inégalités critiques dans l'accès aux soins dermatologiques.
La première évaluation mondiale exhaustive réalisée par la Ligue Internationale des Sociétés Dermatologiques (ILDS) et L'Oréal Beauté Dermatologique couvre 158 pays et 97 % de la population mondiale.
LEVALLOIS-PERRET, France, 18 septembre 2026 /PRNewswire/ -- Seul un pays sur six dans le monde dispose d'un nombre suffisant de dermatologues pour répondre aux besoins de santé de sa population. Selon la première évaluation mondiale globale de l'accès à la santé de la peau, les nations les plus riches sont près de neuf fois plus susceptibles d'avoir des effectifs dermatologiques suffisant versus les pays à faible revenu,
Publiée dans JAMA Dermatology, l'étude du Global Access to Skin Health Observatory, menée en collaboration entre la Ligue Internationale des Sociétés Dermatologiques (ILDS) et L'Oréal Beauté Dermatologique, examine la répartition des dermatologues ainsi que les obstacles à l'accès aux soins dermatologiques, de la formation aux services spécialisés à travers 158 pays, représentant 97 % de la population mondiale.
Plus de deux milliards de personnes dans le monde vivent avec une maladie de peau, ce qui en fait l'un des problèmes de santé les plus courants à l'échelle planétaire et l'une des dix principales causes d'incapacité. Pourtant, 74 % des pays déclarent que la santé de la peau ne constitue pas une priorité gouvernementale nationale. L'étude soutient la mise en œuvre de la Résolution 2025 de l'Assemblée Mondiale de la Santé sur les maladies de peau en tant que priorité de santé publique mondiale, en s'appuyant sur des données concrètes pour transformer les engagements en actions.
1. UNE PÉNURIE MONDIALE DE DERMATOLOGUES : UN SEUIL DE COUVERTURE MÉDICALE NON ATTEINT
L'étude établit un référentiel fondé sur des données probantes concernant les effectifs de dermatologues nécessaires pour garantir des soins de qualité. À l'échelle mondiale, on compte en moyenne seulement 2,66 dermatologues pour 100 000 personnes, contre 5,63 pour 100 000 que l'étude estime nécessaires pour des soins convenables, laissant la vaste majorité des pays – plus de 80 % – en deçà du seuil de référence.
Les disparités sont particulièrement flagrantes entre les pays à revenu élevé et ceux à faible revenu. La densité de dermatologues varie de seulement 0,37 pour 100 000 personnes dans les pays à faible revenu alors qu'elle est de 5,05 dans les pays à revenu élevé. Aucun pays d'Afrique ou d'Asie du Sud-Est n'atteint actuellement le seuil de référence.
L'ampleur de la disparité est visible dans des pays aux populations comparables. L'Australie et le Niger comptent chacun environ 27 millions d'habitants, pourtant l'Australie compte plus de 600 dermatologues, tandis que le Niger n'en a que dix-huit. De même, le Japon et l'Éthiopie ont chacun une population d'environ 130 millions d'habitants, mais le Japon compte plus de 7 000 dermatologues, contre environ 200 en Éthiopie.
L'accès aux services spécialisés est également sévèrement limité dans les pays économiquement défavorisés, avec environ 90 % signalant un accès insuffisant aux sous-spécialités dermatologiques, notamment la dermatologie pédiatrique, la chirurgie dermatologique et la dermatopathologie.
Dr. Esther Freeman, chercheuse principale de l'étude, vice-présidente de l'International Foundation for Dermatology (IFD) et professeure associée de dermatologie à la Harvard Medical School, a déclaré : « C'est la première fois que nous transformons des anecdotes en données sur lesquelles nous pouvons agir. Le Global Access to Skin Health Observatory nous donne, pour la première fois, une vision véritablement étayée par les données de ce à quoi ressemble l'accès aux soins pour les milliards de personnes vivant avec une maladie de peau à travers le monde. L'endroit où vous vivez ne devrait pas déterminer votre accès à la santé de la peau – or aujourd'hui, c'est le cas. Notre rôle est d'identifier ces écarts et de travailler ensemble en tant que communauté mondiale pour y remédier. »
2. UNE CRISE GRANDISSANTE DE DÉSERTS DERMATOLOGIQUES : L'ENDROIT OÙ VOUS VIVEZ PEUT DÉTERMINER VOTRE ACCÈS AUX SOINS
Les inégalités existent non seulement entre les pays, mais aussi au sein même de ceux-ci. À l'échelle mondiale, 79 % des dermatologues sont installés dans les zones urbaines, une proportion qui grimpe à 91 % dans les pays à faible revenu, laissant les populations rurales et isolées largement sous-médicalisées. Cette répartition peut conduire à des « déserts dermatologiques » ou zones où l'accès aux services de santé de la peau est sévèrement limité.
L'accès est en outre restreint par la concentration des dermatologues dans le secteur privé, limitant la disponibilité pour les patients dépendant des systèmes de santé publique.
Au total, 42 % des pays font état d'un accès médiocre ou extrêmement inadéquat aux soins dermatologiques, un chiffre qui s'élève à environ deux tiers parmi les pays du monde aux revenus les plus faibles. Critiquement, le fardeau des maladies de peau est le plus lourd précisément là où l'accès aux soins est le plus faible.
3. LES NON-SPÉCIALISTES PALLIENT LE MANQUE DE SOIGNANTS SUR LE TERRAIN
Lorsque les dermatologues sont absents, les soins incombent fréquemment aux médecins généralistes, aux infirmiers, aux pharmaciens et aux agents de santé communautaires. Les médecins généralistes assument souvent une responsabilité égale ou supérieure pour diagnostiquer et traiter les affections cutanées, alors même que nombre de ces soignants non spécialisés ne reçoivent que peu ou pas de formation formelle en dermatologie.
Ce transfert de tâches reflète des pénuries généralisées de soignants : 89 % des pays à faible revenu et 94 % des pays africains font état d'une capacité de soignants insuffisante. Dans le même temps, les standards professionnels pour les dermatologues sont largement homogènes à travers le monde : 89 % des pays exigent à la fois un diplôme de médecine et une formation spécialisée (résidence/internat) en dermatologie. Cela suggère que les inégalités sont causées par des obstacles systémiques au développement du corps médical dermatologique plutôt que par des différences de qualifications professionnelles.
L'étude met également en évidence des lacunes majeures dans l'enseignement dermatologique. Dans la région africaine, environ la moitié des pays (46 %) ne disposent d'aucun programme de formation en dermatologie.
4. DES PREUVES SCIENTIFIQUES À L'ACTION : FORMATION, TÉLÉMÉDECINE ET NOUVELLES TECHNOLOGIES
Les conclusions identifient des opportunités concrètes de changement, notamment l'expansion des programmes régionaux de formation en dermatologie, la montée en compétences des professionnels de santé de première ligne, et l'utilisation de l'IA et de la télémédecine pour rapprocher le diagnostic et l'expertise spécialisée (adaptée à la diversité des carnations) des patients mal desservis.
Les données de l'étude sont hébergées sur le Skin Observatory Data Explorer, une plateforme interactive permettant aux ministères de la santé, aux organisations, aux chercheurs et aux autres parties prenantes d'accéder aux données et de les analyser. Les utilisateurs peuvent filtrer les informations par pays, par région et par d'autres variables, partager des constats et télécharger des informations pour des rapports, des présentations et la planification stratégique. De nouvelles données seront ajoutées au fil du temps, permettant à l'Observatoire de suivre les progrès et de soutenir le changement à long terme. L'ensemble des résultats et l'outil interactif Skin Observatory Data Explorer sont disponibles sur la plateforme en accès libre skinobservatory.org.
Le Professeur Henry W. Lim, président de l'ILDS, a déclaré : « Les conclusions de l'étude soutiennent la mise en œuvre de la Résolution de l'Assemblée Mondiale de la Santé sur les maladies de peau en tant que priorité de santé publique mondiale. L'étude continuera de s'enrichir avec le temps, grâce à de nouvelles données ajoutées au fil de l'eau, nous aidant à suivre les progrès et à soutenir le changement à long terme. Les maladies de peau figurant parmi les dix premières causes d'incapacité dans le monde, nous invitons toutes les parties prenantes à travailler avec nous pour transformer cette connaissance vitale en résultats concrets pour ceux qui vivent avec des maladies de peau. »
Myriam Cohen-Welgryn, présidente de L'Oréal Beauté Dermatologique, a déclaré :
« En tant que leader mondial de la dermocosmétique, nous avons à la fois le pouvoir et la responsabilité d'agir. L'Oréal Beauté Dermatologique s'engage à accroître l'accès à la santé de la peau dans le monde et à soutenir les dermatologues et les professionnels de santé qui mènent le changement à travers le monde — car l'accès à la santé cutanée doit être un droit, pas un privilège. Nous sommes fiers de soutenir le Global Access to Skin Health Observatory à travers notre programme L'Oréal Act For Dermatology. »
EN RÉSUMÉ
- Étude de référence mondiale : Première cartographie exhaustive sur l'accès aux soins de santé cutanée, analysant 158 pays (97 % de la population mondiale), publiée dans la revue médicale JAMA Dermatology.
- Déficit d'accès critique : Seul 1 pays sur 6 dispose d'assez de spécialistes. La densité mondiale moyenne est de 2,66 dermatologues pour 100 000 habitants (en deçà du seuil requis estimé à 5,63).
- Fracture socio-économique marquée : Les pays à haut revenu comptent près de 9 fois plus de dermatologues (5,05 / 100 000 hab.) que les pays à faible revenu (0,37 / 100 000 hab.).
- Déserts dermatologiques : 79 % des dermatologues exercent en milieu urbain (91 % dans les pays défavorisés), laissant les zones rurales sans prise en charge.
- Engagement : Initiative soutenue par L'Oréal Beauté Dermatologique à travers son programme L'Oréal Act For Dermatology (investissement de 20 millions d'euros), en lien avec la Résolution 2025 de l'Assemblée Mondiale de la Santé (OMS).
SYNTHÈSE STATISTIQUE DE L'OBSERVATOIRE MONDIAL
INDICATEUR DE SANTÉ | CHIFFRES CLÉS (SOURCE : ÉTUDE JAMA DERMATOLOGY) |
Personnes vivant avec une | +2 milliards d'individus dans le monde (Top 10 |
Gouvernements ne priorisant pas | 74 % des pays |
Densité moyenne planétaire | 2,66 dermatologues / 100 000 habitants |
Seuil minimal recommandé par | 5,63 dermatologues / 100 000 habitants |
Pays en dessous du seuil de | +80 % des pays mondiaux |
Densité comparative : Revenus | 5,05 contre 0,37 pour 100 000 habitants (écart |
Pays d'Afrique et d'Asie du Sud-Est | 0 % (aucun pays n'atteint le benchmark) |
Déficit d'accès aux sous-spécialités | 90 % dans les pays économiquement |
Praticiens installés en secteur | 79 % au niveau mondial / 91 % dans les pays à |
À propos
Le Global Access to Skin Health Observatory est une collaboration entre l'ILDS et L'Oréal Dermatological Beauty à travers le programme L'Oréal Act For Dermatology.
À propos de la Ligue Internationale des Sociétés Dermatologiques (ILDS)
L'ILDS compte 242 organisations membres réparties dans 113 pays, représentant plus de 170 000 dermatologues et autres professionnels de la dermatologie dans le monde. Elle dispose d'un statut de « relations officielles » avec l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et milite pour l'inclusion de la santé de la peau dans les politiques de santé mondiales – en promouvant l'éducation, les soins cliniques, la recherche et l'innovation à l'échelle planétaire.
À propos de l'International Foundation for Dermatology (IFD)
L'IFD a été créée par l'ILDS pour améliorer la santé de la peau dans les régions mal desservies du monde. Elle soutient des projets partout sur la planète, notamment en Afrique, dans la région Asie-Pacifique et en Amérique du Sud. L'IFD est essentielle pour aider l'ILDS à atteindre son objectif : « La santé de la peau pour le monde ».
À propos de L'Oréal Beauté Dermatologique
L'Oréal Beauté Dermatologique se consacre à ouvrir la voie à des solutions dermatologiques durables qui changent la vie de tous. Cette mission prend vie à travers son portefeuille de quatre marques emblématiques et complémentaires en France : La Roche-Posay, CeraVe, Vichy, SkinCeuticals. S'appuyant sur un leadership scientifique inégalé et des partenariats de long terme avec les professionnels de santé à travers le monde, LDB propose des solutions avancées pour la peau et les cheveux adaptées à chaque besoin individuel, de la prise en charge des pathologies cutanées à l'amélioration du bien-être esthétique. L'Oréal Beauté Dermatologique s'engage à accroître l'accès à la santé de la peau dans le monde à travers son programme L'Oréal Act For Dermatology, un investissement de 20 millions d'euros dans des initiatives mondiales pour la santé cutanée.